Un jour, Ananse l'araignée apprit que deux villages donnaient chacun une fête, le même jour. Il voulait manger aux deux, et ne supportait pas l'idée de manquer le début de l'une ou de l'autre.
Il fit donc un plan. Il noua une longue corde autour de sa taille et en donna un bout à chacun de ses deux fils. Il envoya un fils dans chaque village. « Quand la fête commencera, tirez sur la corde, leur dit-il, et je saurai de quel côté aller. » Puis il s'assit à mi-chemin entre les deux villages pour attendre.
Mais les deux fêtes commencèrent au même moment, et les deux fils tirèrent. Ananse fut entraîné d'un côté, puis de l'autre, et ne put aller ni à l'une ni à l'autre. Plus ils tiraient, plus la corde le serrait. Quand ses fils vinrent enfin le chercher, les deux fêtes étaient finies, et la corde lui avait aminci la taille.
Voilà pourquoi, dit le récit, l'araignée a la taille fine : Ananse voulait les deux fêtes à la fois, et n'a goûté à aucune.
Un récit traditionnel, raconté ici avec nos mots.
An Ashanti (Akan) Ananse tale, retold here in our own words. It keeps the idea and the closing lesson of the widely known story, follows no single published version, and has not been checked against one. Harold Courlander tells the tale as "Two Feasts for Anansi: Why Anansi Is Very Thin in the Middle" in "The Hat-Shaking Dance and Other Tales from the Gold Coast" (Harcourt, Brace & Co.), listed in the booklet of his recording "Ashanti Folk Tales from Ghana" (Folkways FW07710); that book was not read.