Proverbes africains sur le thème « sagesse »

25 proverbes · 19 cultures

Un sac vide ne tient pas debout.
Un sac ne tient debout que s'il contient quelque chose. Selon une explication courante de ce dicton, une personne doit elle aussi être nourrie et pourvue pour tenir debout et travailler.
Les actes doivent être jugés selon l'intention.
Un même geste peut être généreux ou égoïste selon ce qui l'a inspiré. Il faut regarder la raison, et pas seulement le résultat visible, avant de juger ce qu'un acte veut vraiment dire.
Une calebasse durcie s'attendrit au feu.
Une calebasse devenue dure et cassante ne cède à rien de doux ; seule une vraie chaleur l'assouplit. Il en va parfois de même des gens : la compréhension ne vient qu'après une épreuve vraiment dure.
La nuit apporte la sagesse.
Un problème paraît plus grand et plus grave au bout d'une journée épuisante. Laissez passer une nuit : la clarté arrive souvent avant la réponse.
La chance ne revient jamais deux fois.
Une occasion paraît durable jusqu'au moment où elle a disparu. La chance qui se présente maintenant ne reviendra peut-être pas : traitez-la comme telle.
La prudence vaut mieux que la bravoure.
Foncer paraît plus admirable que se retenir, mais la bravoure seule ignore les conséquences. Le jugement prudent vaut plus que le courage brut, car savoir quand ne pas agir est aussi une force.
Conseille-le et avertis-le ; s'il refuse d'écouter, laisse l'adversité l'instruire.
On commence par conseiller, comme il se doit. Mais si les mots ne passent pas, on laisse les conséquences instruire, car elles enseignent que la personne veuille écouter ou non.
Un oiseau suspendu entre deux branches se fera mordre les deux ailes.
Un oiseau pris entre deux branches est exposé des deux côtés. Le proverbe peut se lire comme une mise en garde contre le fait de servir deux maîtres à la fois : la loyauté partagée attire le mal des deux côtés.
Une plume d'aigle mature restera toujours pure.
Le proverbe prend la plume de l'aigle comme image de ce qui garde sa qualité. De même, une personne bien formée résistera à l'épreuve du temps.
Une fois que la cacahuète de l'aveugle a brûlé, il la mangera crue la prochaine fois.
L'aveugle qui a brûlé une fois ses cacahuètes les mangera crues la fois suivante. Le proverbe dit qu'une expérience douloureuse change la façon d'agir par la suite.
Un enfant qui ne pleure pas meurt dans le porte-bébé.
Exprimer ses besoins peut aider les autres à les reconnaître. L'enfant silencieux représente ici une détresse qui risque de passer inaperçue.
Une bouche fermée est de l'or.
Le silence vaut plus qu'une parole irréfléchie. Savoir quand se taire est une forme de richesse.
Celui qui monte un chameau ne doit pas craindre les chiens.
Celui qui est monté sur un chameau est hors d'atteinte des chiens qui aboient en bas. On peut y lire que celui qui est en position de force n'a pas à craindre les petites menaces.
Le serpent vert a dit : « Observer une personne vaut mieux que la mordre. »
Le serpent peut mordre, et pourtant il dit qu'il vaut mieux observer. Le proverbe conseille de regarder et de rester calme plutôt que de faire du mal.
Celui qui n'écoute pas les conseils d'un aîné s'attire des ennuis.
Ignorer le conseil d'un aîné ne vous épargne pas les ennuis qu'il visait à éviter. Les aînés parlent d'expérience, et se passer de leur conseil ne vous dispense pas d'affronter ce dont ils avertissaient.
Celui qui sait nager ne meurt pas dans l'eau.
Le nageur du proverbe représente quiconque a appris un savoir-faire avant d'en avoir besoin. C'est la préparation, acquise à l'avance, qui permet de traverser un danger qui submergerait quelqu'un de non préparé.
C'est une pluie légère qui chasse un enfant à l'intérieur ; c'est un torrent déchaîné qui secoue le palmier raphia jusqu'à ses racines.
Ce qui fait rentrer un enfant en courant n'est rien pour un palmier adulte, mais le palmier a lui aussi son torrent. L'épreuve se juge à la taille de celui qui la porte, et chacun, même très fort, rencontre une force capable de l'ébranler.
Seule une personne sage peut résoudre un problème difficile.
Un problème difficile demande un sage, pas un sot. Le dicton akan l'imagine comme un nœud de sagesse que seul le sage sait défaire.
La sagesse est comme un baobab ; une seule personne ne peut l'embrasser.
Un baobab est trop large pour qu'une seule paire de bras en fasse le tour. Il en va de même de la sagesse : trop vaste pour que quiconque prétende la maîtriser, si savant soit-il.
Il n'y a pas de prétendant sans défaut.
Même le prétendant le plus admiré a un défaut. N'exigez pas des autres, ni de vous-même, une perfection que personne n'atteint vraiment.
Une personne sage est celle qui écoute les conseils.
Être sage, c'est savoir écouter les conseils, pas seulement en savoir déjà beaucoup. N'écartez pas trop vite l'avis de vos parents, des aînés ou du conseil de la communauté.
Même si une bûche reste des années dans l'eau, elle ne devient jamais un crocodile.
Avoir longtemps vécu parmi un peuple, ou dans un lieu, ne fait pas de vous l'un des siens, pas plus qu'une bûche restée dans l'eau ne devient un crocodile. Un récit le donne comme une réponse malicieuse à un étranger à qui l'on dit qu'il « est devenu peul ».
Le berger des grenouilles reconnaît celle qui boite.
Pour un étranger, toutes les grenouilles semblent boiter. C'est simplement leur façon de sauter. Celui qui a passé du temps avec elles sait laquelle boite vraiment. Une attention proche et patiente donne un savoir qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
Quand on vieillit, on se réchauffe avec le bois qu'on a ramassé étant jeune.
Le bois qui réchauffe une personne âgée a été ramassé quand elle était jeune et forte. Le proverbe dit que le confort de la vieillesse vient du travail accompli plus tôt dans la vie.
Ne te vante pas de demain aujourd'hui.
Personne ne sait ce que demain apportera. Le proverbe met en garde contre le fait de se vanter d'une chose avant qu'elle n'arrive, car l'avenir est incertain.